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Bien vieillir en ville: Projet 4S à Nice

La ville de Nice est concernée par la bonne santé de ses citoyens âgés. La ville compte en effet 27% de plus de 60 ans et 12% de plus de 75%. Souhaitant associer activité physique et lien social, la mairie innove en lançant un projet ambitieux dénommé 4S pour Saint Roch, Sport, Santé, Séniors.

La philosophie est bien pensée. Saint-Roch est un quartier Est de Nice en réhabilitation où vivent plus de 4000 personnes de plus de 65 ans. Il s’agit d’un quartier desservi par le tramway, dans lequel se trouve la Faculté Saint Jean d’Angély, ce qui permet de conférer à ce territoire une grande mixité intergénérationnelle. Inciter cette population à sortir de chez elle, pratiquer une activité physique, rencontrer d’autres personnes hors du domicile et progressivement redonner confiance sont des objectifs majeurs du projet.

Nous savons que l’intérêt de l’activité physique est largement avéré en tant qu’outil :

  • thérapeutique dans certaines pathologies (maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité, cancers)
  • de prévention (prévention des chutes, réduction du risque de fracture, amélioration des capacités cognitives)
  • d’amélioration de l’espérance et de la qualité de vie, notamment chez les personnes qui avancent en âge.

Selon l’enquête « La pratique des activités physiques et sportives en France » réalisée en 2003 par l’INSEE, les raisons les plus fréquemment données par les personnes âgées de plus de 60 ans pour justifier l’absence de pratiques d’activités physiques et sportives sont :

  • les problèmes de santé que rencontrent 60 % d’entres eux ;
  • les problèmes de croyances pour les 48 % qui se disent « trop âgés pour pratiquer un sport» et qui pourraient s’expliquer par les stéréotypes ambiants, selon lesquels la vieillesse se caractérise par un déclin physique et cognitif, ainsi que par la difficulté d’effectuer des apprentissages.

Les seniors peuvent vivre plus longtemps et en meilleure santé physique et mentale s’ils conservent des liens sociaux et s’adonnent à une plus grande activité physique, et les recommandations de l’OMS vont dans ce sens.
Or, la marche et les gymnastiques douces sont scientifiquement reconnues comme étant particulièrement adaptées aux seniors.
Aux bienfaits physiques qu’apporte la marche, il faut ajouter les répercussions sociales directes. Ainsi, parce qu’elle incite à sortir de chez soi, la pratique d’activités physiques adaptées est susceptible de faciliter les relations sociales (rencontres avec les voisins, sorties avec des amies, activités de groupe telles la création d’un club de marche) et de favoriser la fréquentation des services (commerces, services d’aides…).

Les partenaires du projet

L’Espace Partagé de Santé Publique, le CCAS de Nice, la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur, le Département de Santé Publique du CHU et l’UFR STAPS de Université de Nice Sophia Antipolis).

L’originalité du projet

Une dimension participative et pluridisciplinaire : Le projet s’appuie donc sur une gouvernance participative et pluridisciplinaire, dans laquelle les citoyens ont une place prépondérante (réalisation de focus groups avec les personnes âgées, entretiens avec les associations et les commerçants du quartier).
Le projet 4S repose sur une pluralité d’acteurs travaillant en synergie. La coopération entre les élus, les urbanistes, ingénieurs, personnes chargées de l’entretien des infrastructures et de la sécurité, les représentants de la santé publique et la population elle-même est primordiale pour trouver et instaurer des solutions adaptées, efficaces et durables.

Les actions mises en oeuvre

  • la réalisation d’un parcours de marche dans le quartier St Roch à Nice. Pour cela, il est nécessaire que tous les espaces publics présents le long du tracé du parcours soient accessibles aux personnes à mobilité réduite. Une fois ces aménagements réalisés, une signalétique permettra aux piétons d’identifier le cheminement du parcours dans le quartier. Les travaux d’aménagements dans le quartier St Roch seront réalisés courant 2011.
  • la mise en place d’un coaching personnalisé et collectif. Un coach sera chargé de suivre individuellement une personne et de lui proposer des exercices de marche, des cours de gymnastique adaptée, une à deux fois par semaine. Il proposera aussi des cours collectifs qui permettront aux seniors participants de se retrouver ensemble et donc de favoriser le lien social. Les séances de coaching commenceront en 2012.

Les bénéficiaires visés par le projet 4S

Le projet vise en premier lieu les seniors sédentaires autonomes de plus de 60 ans du quartier Saint-Roch.
Toutefois, un travail de communication permettra à l’ensemble des résidents du quartier d’être informés de l’existence de cet aménagement de parcours de marche, qui devrait ainsi profiter à toute la population du quartier, quel que soit son âge. Ceci permettra ainsi de favoriser la mixité intergénérationnelle.
Un environnement propice à la marche permettra aussi aux personnes handicapées, aux familles avec de jeunes enfants de sortir et se déplacer aisément.

Pour plus de détails sur le projet, merci de cliquer sur ce lien.

Mise à jour de 3 guides Affections de Longue Durée (ALD) destinés aux médecins traitants

Depuis 2008, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Institut National du Cancer (INCa) collaborent pour la production d’une collection de guides pour les médecins traitants, en grande majorité des médecins généralistes, dans le cadre de l’ALD n°30. Vingt-deux guides ALD ont ainsi été publiés couvrant 95% des localisations de cancers en termes d’incidence. Une révision régulière de ces guides est prévue, les premières mises à jour sont publiées aujourd’hui pour trois d’entre eux : cancer colorectal, mélanome cutané et cancer de la prostate. Deux autres guides seront révisés en 2012 : lymphomes non hodgkiniens et cancer du poumon. Les actes et prestations pour l’ALD sont quant à eux actualisés annuellement par la HAS.

Inserm: un test pour mieux prévoir le cancer du côlon

Deuxième cancer en France par sa fréquence, quatrième cause de décès dû à une tumeur maligne dans notre pays, le cancer colorectal fait logiquement l’objet de multiples recherches. L’idéal étant, évidemment, de pouvoir agir en amont et donc de repérer les personnes qui risquent le plus de développer cette pathologie. C’est le résultat auquel viennent de parvenir Catherine Seva et Audrey Ferrand, de l’équipe Inserm-université Toulouse III-Paul Sabatier (centre de recherches en cancérologie de Toulouse). Elles ont mis au point un test prédictif du risque de cancer colorectal chez les patients ayant des polypes. Leurs travaux sont publiés dans la revue Cancer Prevention Research.

Leur étude a montré une association significative entre des taux élevés de progastrine et la survenue ultérieure de lésions précancéreuses. Alors que ces polypes n’étaient pas considérés comme susceptibles de dégénérer, 100 % des patients qui présentaient des taux élevés de progastrine ont développé, au bout de 2 à 10 ans, des adénomes, qui sont des lésions précoces du cancer colorectal. À l’inverse, chez les patients n’exprimant pas ou très peu cette molécule, aucune lésion ne s’est développée dans les 10 ans qui ont suivi le retrait des polypes.

Conséquence : la présence de la progastrine permet effectivement de prédire la survenue de tumeurs chez des patients opérés de polypes considérés comme bénins. Et, grâce au test spécifique mis au point par cette équipe, il devient possible d’identifier ces personnes et de leur proposer une surveillance particulière. Ces tests, qui vont d’abord faire l’objet d’une étude sur un plus grand nombre de patients, devraient être bientôt réalisables en routine sur tous les polypes apparemment bénins prélevés lors de coloscopies.

Catherine Seva, biologiste à l’Inserm, détaille ce test dans la vidéo ci-dessous:

L’Etat de Rio Janeiro au Brésil installe des Académies du Troisième Âge sur tout le territoire

Idéalisée et implantée par la Secrétaire Municipale du Vieillissement en bonne santé et Qualité de Vie de la ville de Rio de Janeiro, Cristiane Brasil, le projet des Académies du Troisième Âge (ATI) commence à s’étendre à tout l’Etat. Un vote approuvé en séance plénière de l’Assemblée Législative est passé le mois dernier. 

L’auteur de la proposition est le député de l’Etat Marcus Vinicius qui souhaitait adresser les angoisses de la population âgée de l’intérieur de l’Etat. “L’idée est de développer les ATI dans 91 villes voisines permettant ainsi d’atteindre plus de deux millions de Fluminenses de plus de 60 ans sachant que l’Etat de Rio concentre la population la plus vieille de tout le pays.”  

Cristiane Brasil a félicité le député Marcus Vinícius pour cette initiative, affirmant que le projet des Académies du Troisième Âge est un succès dans la ville de Rio de Janeiro où fonctionnent déjà 61 clubs d’activités physiques adaptées et servent 16.000 seniors. La prévision est de doubler ce nombre en 2012.

Le concept est d’installer sur une place publique ou un parc des appareils  faits de tubes et adaptés à l’activité physique des séniors avec un circuit documenté pour expliquer toutes les variantes d’exercices et leurs bienfaits. 

Agenda: XVIIIe Congrès Brésilien de Gériatrie et Gérontologie

Le XVIIIe Congrès Brésilien de Gériatrie et Gérontologie sera organisé du 22 au 25 mai 2012 au Centre de Convention Sul América à Rio de Janeiro. Le thème cette année sera Vieillissement: Opportunités, défis et conquêtes. L’évènement sera aussi l’occasion de fêter les 50 ans de la création de la Société Brésilienne de Gériatrie et de Gérontologie présidée par le docteur Silvia Pereira. Pour plus d’information sur le Congrès, cliquez sur ce lien.

Le Brésil, pays émergent en pleine croissance et déjà sixième puissance économique mondiale, est un pays qui vieillit rapidement. Selon l’OMS, le Brésil sera en 2025 le sixième pays du monde en nombre de personnes âgées. Le résultat d’une conjonction de baisse du taux de mortalité, l’augmentation de l’espérance de vie et une variation à la baisse du taux de fécondité passant de six enfants par femme dans les années 60 à moins de deux aujourd’hui.

La vitesse du vieillissement de la population au Brésil sera significativement plus importante de ce qui s’est passé dans les pays riches au siècle passé.

Par exemple, il aura fallu plus d’un siècle pour que la France voit sa population d’un âge égal ou supérieur à 65 ans augmenter de 7% à 14% du total. En contraste, cette même variation démographique se passera dans les prochaines deux décennies (entre 2011 et 2031) au Brésil. La population âgée va plus que tripler les prochaines quatre décennies, de moins de 20 millions en 2010 à approximativement  65 millions en 2050. La population âgée augmentera de 11% de la population active en 2005 à 49% en 2050 alors que la population en âge scolaire diminuera de 50% à 29% pendant la même période.

En conséquence, les dépenses de santé vont probablement augmenter de manière substantielle poussées par l’augmentation de la proportion de seniors dans la population et l’augmentation de l’intensité de l’usage de services de santé par les personnes âgées. 

Deux facteurs augmenteront le nombre de personnes âgées nécessitant des soins de longue durée. Premièrement, la forte croissance du grand âge dans les trente ans à venir résultera en un nombre plus important de personnes dépendantes, malgré l’avancée de la prévention et des traitements. Deuxièmement, le changement de statut des femmes et le changement des valeurs sociales et familiales continueront à affecter la disponibilité de l’aide familiale. Les projections pour le Brésil estiment que le nombre de personnes prises en charges hors de la famille va dupliquer jusqu’en 2020, sera cinq fois plus important en 2040 comparé à 2008.  

Ce vieillissement accéléré de la population au Brésil va poser des défis majeurs sur la plan économique, politique, sanitaire et social. Le gouvernement doit donc créer des politiques pour préparer la société à cette nouvelle réalité. Une Politique Nationale de la Personne Âgée a été mise en place par la Loi 8.842 du 4 janvier 1994 obligeant notamment les Universités a créer des cursus de formation de gériatres et gérontologues. La gériatrie est une spécialitée de médecine qui traite de la santé des personnes âgées alors que la gérontologie est la science qui étudie le vieillissement.

A signaler la politique mise en place à Brasilia, qui a été la première localité à créer un sous-secrétariat aux personnes âgées, à instituer un Statut des Seniors qui décrit le droit des personnes plus vieilles à un travail et une occupation, l’accès à la culture, la justice, la santé et la sexualité, le pouvoir de participer dans la famille et la communauté. 

Les villes s’équipent aussi de circuits d’activités physiques qui sont construits dans les parcs publics et les lieux de fréquentation comme les plages comme présenté ci-dessous.

Les seniors actifs peuvent vivre plus longtemps que les sédentaires

Une nouvelle étude fournit plus de preuves que les personnes âgées actives physiquement peuvent avoir de meilleures perspectives de santé générale.

Sur 893 personnes d’environ 80 ans, les chercheurs ont constaté que les personnes âgées les plus actives avaient un risque moindre de mourir au cours des quatre années de l’étude par rapport à ceux qui étaient les plus sédentaires.

C’est une autre preuve que tous les aînés devraient participer à des activités physiques, a déclaré le Dr Catherine Sarkissian, directeur du
Los Angeles Community Academic Partnership for Research in Aging.

Sarkissian, qui n’était pas impliquée dans la nouvelle étude, a déclaré à Reuters Santé que cela ne prouve pas que l’exercice accroît la longévité. Il se pourrait que les gens qui étaient en assez bonne santé pour faire une activité physique sont ceux qui auraient vécu plus longtemps de toute façon.

Toutefois, elle pense qu’il y a suffisamment de preuves pour suggérer que les gens qui sont plus actifs physiquement sont moins susceptibles de perdre leur mémoire, ou besoin d’aller à une maison de soins infirmiers, par exemple.

Pour voir si les niveaux d’activité font une différence dans la durée de vie, les chercheurs dirigés par le Dr Aron Buchman, professeur à Rush University Medical Center à Chicago, a mesuré pendant 10 jours le niveau d’activité quotidienne des aînés de la région, la plupart des septuagénaires et octogénaires.

Les participants portaient un petit appareil sur leurs poignets pour enregistrer leurs déplacements dans la journée.

Les chercheurs ont ensuite suivi le groupe pendant environ quatre ans, au cours de laquelle un quart des personnes âgées - 212 - est mort.

Les personnes âgées qui étaient les plus actives avaient 25% de chance en moins de mourir par rapport à ceux qui étaient moins actifs au cours des quatre ans de l’étude, selon les résultats publiés dans les Archives of Internal Medicine.

Buchman et ses collègues ont écrit que le lien entre l’activité physique et un risque moindre de décès est resté même après prise en compte des traits qui peuvent avoir affecté à la fois la routine d’exercice du senior et les chances de mourir, y compris la capacité mentale, problèmes de santé chroniques et les symptômes de la dépression.

“Cela donne à penser que si vous augmentez votre activité - même dans votre maison - il y a quelques avantages”, a déclaré Buchman.

Sarkissian pense qu’il y a un stéréotype que les personnes âgées sont trop vieux pour apprendre de nouvelles habitudes, mais elle dit que des études antérieures ont démontré le contraire.

“L’activité physique est l’une des choses les plus importantes que les aînés peuvent faire pour améliorer leur santé pour le reste de leurs vies,” a t-elle ajouté.

Les gens sont motivés à s’exercer pour des raisons différentes, a déclaré  Sarkissian. Certains voudront se lancer après avoir vu un proche mourir, devenir malade ou faire une chute. D’autres peuvent vouloir s’exercer en raison des avantages immédiats physiques, tels que l’amélioration de l’humeur.

Les personnes âgées peuvent vérifier leurs centres seniors locaux pour des programmes d’exercices ou parler à leurs médecins ou un kinésithérapeute ou psychomotricien pour des idées, précise Sarkissian. Il existe également des programmes adaptés pour les personnes ayant des limitations physiques, tels que ceux qui sont en fauteuil roulant ou ont un risque accru de chute.

Buchman a dit qu’accroître son activité peut se faire dans son jardin ou autour de son domicile par une simple marche. “Si vous pouvez faire une activité légère, faites des activités légères.”

Pour rappel, une étude exhaustive de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiée en 2008, constate qu’une activité physique pratiquée à un niveau proche des recommandations actuelles de l’OMS permettrait de réduire la mortalité prématurée de près de 30%. Pourtant une étude de l’Inpes montre que seules 46% des personnes interrogées pratiquent une activité physique à un niveau suffisant pour entraîner des bénéfices pour la santé.

Ci-dessous, les recommandations OMS:

Pour les adultes jusqu’à 65 ans

  • 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée 5 jours par semaine
  • OU 20 minutes d’activité physique intense 3 jours par semaine
  • OU Une combinaison équivalente d’activité physique d’intensité modérée à intense
  • ET 8-10 exercices de musculation (8-12 répétitions) au moins 2 jours par semaine

Pour les adultes à partir de 65 ans

  • Mêmes recommandations en tenant compte de l’intensité et du type d’activité physique qui conviennent aux personnes plus âgées
  • ET des exercices d’assouplissement ET des exercices d’équilibre